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Les maladies mitochondriales

Les maladies mitochondriales, maladies rares,maladies génétiques,

Le syndrome d'Alpers

Le syndrome d'Alpers


Le syndrome d'Alpers est une cérébrohépatopathie d'origine développementale due à une déplétion en ADN mitochondrial (ADNmt) et caractérisée par la triade de signes cliniques suivante : régression psychomotrice, crises d'épilepsie, et maladie hépatique. L'incidence est estimée à 1/100 000 - 1/250 000 naissances.

La plupart des patients sont asymptomatiques à la naissance et ont un développement normal pendant des semaines ou des années jusqu'à l'apparition des symptômes, survenant au cours des 2 premières années dans 80% des cas et entre 2 et 25 ans dans 20% des cas.
Les premiers symptômes peuvent inclure : hypoglycémie de jeûne secondaire à une hépatopathie, difficultés de prise alimentaire et retard de croissance, encéphalopathie liée à une infection, spasticité, myoclonie, épilepsie focale, status epilepticus ou insuffisance hépatique fulminante. Une cécité corticale est observée dans 25% des cas avec la progression de la maladie. Dysmotilité gastrointestinale et cardiomyopathie peuvent se produire.
La régression psychomotrice est typiquement épisodique et souvent associée à des épisodes infectieux. Les crises d'épilepsie, de type mixte, sont difficiles à contrôler. Elles peuvent inclure des éléments de crise généralisée, partielle, atonique - souvent avec des caractéristiques focales, d'epilepsia partialis continua (EPC), et/ou un myoclonus. Des tableaux cliniques ``Alpers-like'' hétérogènes et sans hépatopathie sont aussi observés.

La transmission du syndrome d'Alpers est autosomique récessive. Des mutations du gène POLG, codant pour l'ADN polymerase gamma mitochondriale sont responsables d'environ 90% des cas ``classiques'' et de moins d'1/3 des cas ``Alpers-like''. Le diagnostic est difficile à poser précocement car l'ensemble des symptômes n'est pas présent d'emblée et leur ordre d'apparition n'est pas pathognomonique. L'IRM du cerveau, d'abord normal, montre ensuite une perte de volume cérébral.
L'IRM de diffusion révèle une atteinte asymétrique, en patch, corticale, thalamique, cérébelleuse et des noyaux gris de la base. Le cortex occipital est souvent atteint. La spectroscopie par résonance magnétique du cerveau montre une élévation focale des lactates et une diminution en N-acétyl aspartate (NAA). Les taux de protéines du liquide céphalorachidien sont élevés. Le taux de lactate dans le plasma et dans le liquide céphalorachidien peut être transitoirement élevé.
L'hépatopathie souvent légère peut progresser en cirrhose micronodulaire avec nodules de régénération, prolifération des canaux biliaires et stéatose microvésiculaire, pouvant aller jusqu'à une insuffisance hépathique. La confirmation du diagnostic repose sur l'identification des mutations du gène POLG. Les études quantitatives recherchant une déplétion en ADNmt ou des anomalies biochimiques de la chaîne respiratoire ne sont pas anormales au début de la maladie et ne permettent donc pas un diagnostic précoce. Le diagnostic prénatal moléculaire peut être proposé en cas de mutation connue de POLG.

Le traitement est symptomatique.
Une thérapie anticonvulsive est prescrite pour les crises épileptiques, mais l'acide valproique est contre-indiqué car il peut déclencher ou aggraver la maladie hépatique. En cas d'insuffisance hépatique, la transplantation est contre-indiquée car le décès s'ensuit par encéphalopathie progressive. L'efficacité de la thérapie par des cofacteurs mitochondriaux avec CoQ10, préparations de vitamines B, L-carnitine, et créatine n'est pas encore connue. La kinésithérapie, l'évitement des collectivités d'enfants favorables à la dissémination des infections respiratoires communes chez les enfants, la prévention de l'hypoglycémie et une bonne nutrition peuvent permettre de réduire les symptômes et la fréquence des épisodes neurodégénératifs, mais il n'est pas prouvé qu'ils améliorent le pronostic général, qui est sombre, le décès survenant de 2 mois à 15 ans après le diagnostic.

 *Auteur : Pr R. K. Naviaux (juillet 2006)*.source Orphanet